Logo

L’ex-Président tunisien Marzouki suggère à l’armée soudanaise de suivre l’exemple des armées algérienne et tunisienne

Voilà un homme politique qui ne mâche pas ses mots. L’ex-Président tunisien Moncef Marzouki a suggéré à l’armée soudanaise de suivre l’exemple de ses consœurs tunisienne et algérienne qui se sont rangées au côté de leur peuple et l’ont protégé. Il l’a en même temps mise en garde contre toute soumission à Riyad, Abou Dhabi et le Caire, les trois têtes de "l’axe du mal arabe",  qui pourrait hypothéquer la souveraineté nationale du Soudan. Cela conforte surtout la position de l’armée algérienne, parfois ciblée par des critiques malveillantes, pour pousser justement la situation au chaos, et on comprend mieux ce qui se passe dans la tête des dirigeants de ces pays ennemis de la démocratie. 

Suite aux événements sanglants ayant marqué les manifestations populaires au Soudan, Moncef Marzouki, l’ex-Président tunisien, a appelé lundi 3 mai l’armée soudanaise, qui a réprimé dans le sang la manifestation pacifique du peuple soudanais, à prendre exemple sur les armées tunisienne et algérienne qui ont pris le parti du peuple et qui l’ont protégé.s’exprimant sur la chaïne Qatarie El Jazeera, l’ex-chef d’État a pointé du doigt le rôle de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Égypte dans la tragédie qui secoue actuellement le Soudan. Il a par ailleurs attiré l’attention du Conseil militaire soudanais sur les graves conséquences, pour la sécurité du pays, d’une allégeance de sa part à des puissances étrangères.

«Ce qui se passe actuellement au Soudan était tout à fait prévisible, je craignais qu’une tragédie arrive et malheureusement c’est le cas», a-t-il déclaré. «Les institutions militaires dans tous les pays arabes, dont le Soudan, ont devant elles l’exemple de l'armée tunisienne, et algérienne je l'espère, qui, elle, a su protéger le peuple et la révolution et refusé d’être instrumentalisée par des tyrans», a-t-il ajouté, suggérant au haut commandement militaire soudanais de s’y référer.

Selon M.Marzouki, la tournure sanguinaire qu’a prise la révolution populaire au Soudan était prévisible, car «quand vous regardez où les dirigeants de ce conseil putschiste [les dirigeants du Conseil militaire soudanais, ndlr] sont partis et avec qui ils se sont entretenus [l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte, ndlr], vous comprenez qu’ils sont allés donner des informations sur la situation et recevoir les instructions». «Le fait qu’ils aient pris la décision de maintenir l’engagement de 10.000 soldats soudanais au Yémen, cela indique qu’ils ont choisi leur camp».

Expliquant les enjeux géopolitiques qui pèsent sur le déroulement des événements au Soudan, l’ex-chef d’État a indiqué qu’«avant c’était les puissances coloniales occidentales qui menaçaient l’indépendance de nos pays, mais actuellement à l’intérieur du monde arabe il y a ce trio de "l’axe du mal" qui s’est autoproclamé tuteur sur tous les pays arabes, et s’ingère avec insolence». «Il s’ingère au Soudan, en Libye, au Yémen, en Syrie et en Tunisie avec les médias et l’argent sale», a-t-il ajouté, soulignant qu’«ils ont même eu l’insolence de s’ingérer dans des pays forts qui ont leur pouvoir et leur légitimité comme l’Algérie et le Maroc».

Tout en lançant qu’actuellement il y a un vrai complot contre les révolutions des peuples arabes qui vise à les faire avorter, Moncef Marzouki a affirmé que ce qui fait peur à ces puissances étrangères est «que si la démocratie s’installe, cela permettra l’arrivée au pouvoir de dirigeants qui travailleront pour l’intérêt de leurs peuples et non pour celui de pays tiers, et ça ils le refusent».

En conclusion, l’ex-Président de la République tunisienne a soutenu que «la cause du peuple soudanais ne se résume plus à la question des droits, mais il doit même se battre pour récupérer sa souveraineté nationale et l’indépendance de la décision politique». Il a dans le même sens mis en garde le haut commandement de l’armée soudanaise contre les graves risques que son rapprochement avec Riyad, Abou Dhabi et Le Caire font peser sur l’indépendance du pays.

Site développé par © ARIS WEB DZ | Création site web algérie